A partir de cette période, l’évolution du vitrail va être étroitement liée à l’évolution de l’architecture : il devient art monumental.
Ainsi, le vitrail de l’époque romane sera composé de couleurs très lumineuses et claires vraisemblablement pour compenser le manque de lumière des édifices comportant la plupart du temps des ouvertures étroites et rares (également nommées oculus).
La gamme colorée est certes restreinte (jaune brillant, bleu, vert et pourpre) mais de grande qualité. Le fameux « bleu de Chartres » doit d’ailleurs sa réputation à son aspect inaltérable.
Les verres incolores contenant des impuretés sont qualifiés de « verdâtres » ou « glauques ».
Trois compositions dominent le XIIème siècle au sens large.
La présentation de personnages emblématiques isolés dans une verrière (souverains, prophètes, évêques, Vierge & Christ).
Le vitrail « légendaire » qui présente dans des médaillons distincts plusieures scènes souvent issues des Saintes Ecritures aussi appelées légendes.
L’association des deux formules précédentes pour présenter une scène occupant l’ensemble d’une verrière ( la"crucifixion " de Poitier).
Il est nécessaire aussi d’évoquer le vitrail de type « cistercien » ; il s’agit de compositions décoratives géométriques & épurées.
Le vitrail roman revête une ornementation végétale (bordures larges) et un traitement pictural des personnages proche de l’art byzantin (visages, mains et silhouettes allongées).
Le vitrail roman, en quelque sorte, prolonge en même temps qu’il synthétise les techniques de la mosaïque et de l’icône.
Deux personnages ont contribué à la diffusion du vitrail. Il s’agit de l’Abbé Suger ; éminent personnage de l’Histoire de France & du moine rhénan Théophile qui compulsera dans sa “Schedula Diversarum Artium” des témoignages et des recettes de l’héritage technique des artisans de cette époque.










